Bonne nouvelle pour l’emploi : la pêche électrique interdite en France


Temps de lecture : 4 minutes

C’est une excellente nouvelle pour les pêcheurs français ! Devançant le projet de l’Union Européenne, dont le Parlement veut interdire la pêche électrique d’ici 2021, les députés ont voté hier soir au Palais Bourbon, et à l’unanimité, un texte qui rend désormais illégales ces pratiques dans les eaux territoriales hexagonales. Une bonne nouvelle, parce que les fileyeurs tricolores utilisent très peu, voire quasi pas cette pratique…. Mais ils sont confrontés au quotidien aux razzias de leurs concurrents néerlandais, qui pratiquent la pêche électrique à haute dose alors qu’elle est jugée par les experts du monde entier comme « dévastatrice » pour les fonds et la faune marins.

 

La mesure adoptée ce jeudi 9 mai 2019 au soir est donc reçue avec un immense soulagement par les professionnels de la pêche française, déjà très inquiets à cause du Brexit et de ses conséquences sur leur filière et les emplois (lire aussi sur le blog : les conséquences du Brexit pour les pêcheurs français et également Un millier d’emplois menacés en France). L’interdiction de la pêche électrique dans les eaux territoriales de France représente dans ce contexte un sacré bol d’air pour tous les pêcheurs des côtes des Hauts-de-France, de Normandie, de Bretagne et de l’Atlantique, puisqu’elle leur retire une épine du pied et va permettre – c’est l’essentiel aux yeux des pêcheurs français – aux ressources de se renouveler. En effet, la pêche électrique est à la pratique ce que le bazooka est aux armes : elle ne laisse rien, ou si peu derrière elle, et cette politique de la terre – ou plutôt des fonds marins – brûlée désespère les patrons de pêche français qui font de leur côté un maximum d’efforts pour respecter les quotas et éviter aux différentes espèces de poissons de s’épuiser (lire à ce sujet notre article).

 

Comme les artisans pêcheurs de la Côte d’Opale, dans le Pas-de-Calais, qui ont porté hier (9 mai 2019) plainte contre X pour pêche illégale, visant en réalité évidemment leurs collègues hollandais et la pêche électrique, l’ensemble des fédérations de pêche pourront désormais se retourner judiciairement contre ceux qui utilisent cette technique controversée et aujourd’hui prohibée. « C’est une immense victoire pour nous, car la pêche électrique est en train de ruiner nos exploitations en détruisant les ressources en poissons plats de nos fonds marins, comme les limandes ou les soles, mais aussi les cabillauds », explique la coopérative maritime de Dunkerque.

 

« Le nombre de poissons pêchés de manière légale et traditionnelle au large des côtes françaises a été divisé par 10 en un an, l’année dernière si on ramenait 200 tonnes de soles, cette année c’était à peine 20, une catastrophe écologique mais aussi sociale parce qu’il n’y a plus de boulot s’il n’y a plus de poisson ! La pêche électrique empêche les poissons de se reproduire, en blessant même ceux qui ne sont pas ramassés. L’interdiction de la pêche électrique va permettre aux poissons de se reproduire, aux ressources de se reconstituer, et nous allons, nous, pouvoir embaucher davantage pour pêcher plus, puisque l’équilibre naturel sera revenu ».

 

« Le problème, c’est que les pêcheurs néerlandais sont peu soucieux de savoir qu’ils sont dans l’illégalité, ils le sont déjà en réalité puisque 8 chalutiers hollandais sur 10 font de la pêche électrique, alors que normalement ces techniques doivent représenter moins de 5% des flottes de bateaux », déplore une ONG environnementale, qui s’est associée au dépôt de plainte des pêcheurs français. « Mais si on veut que cela s’arrête il faut adopter de vraies mesures répressives, effectuer des contrôles, multiples, permanents, et verbaliser les chalutiers en infraction, et les Etats qui s’en rendent complices comme c’est le cas pour les Pays-Bas au regard des règles européennes ». Après les décisions, et les nouveaux textes de loi, les pêcheurs de France attendent donc des actes : et que les nouvelles règles soient respectées ou à défaut, que les contrevenants soient réellement sanctionnés, à l’échelle de la France et de l’UE.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *