Le succès du tourisme maritime et naval booste l’emploi en France


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Ils font désormais partie du décor sur les côtes, les lacs, les fleuves de France : des navires tout en longueur, promenant une petite centaine de touristes, voire davantage. Par exemple, sur l’estuaire de la Gironde, où l’activité a pris de l’essor ces dernières années, générant plusieurs dizaines d’emplois : et c’est un constat valable pour toute la France. Depuis 10 ans, rien que pour les croisières en eau douce, le nombre d’emplois affectés a doublé, pour pouvoir faire face à une demande exponentielle.

 

« Il y a les croisières en paquebot, dont le succès ne se dément pas mais qui restent réservées à une classe de voyageurs extrêmement aisés, qui peuvent se permettre de dépenser plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des voyages de plusieurs semaines, à un niveau de standing très élevé, on est dans le luxe. Et puis il y a de plus en plus des touristes et des clients amateurs de croisières plus modestes, 5 jours ou une semaine, sur de plus petits bateaux, avec un niveau de confort qui équivaut à celui d’un hôtel 3 étoiles, pour un tarif plus abordable. C’est moins cher pour les croisiéristes mais très rentable pour les transporteurs », explique un économiste de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE).

 

Depuis 2013, la demande a explosé et le nombre de passagers a été multiplié par 10 pour ces croisières en eau douce. Résultat, les compagnies investissent dans de nouveaux bateaux, pour lesquels il faut du personnel : commandant de bord, animateurs, personnel en salle et en cuisine, en chambres et au bar, guides, etc… Un vivier d’emplois dans le secteur du tourisme fluvial. « Nous avons énormément investi parce que c’est un marché porteur. Un navire de croisière en eau douce, c’est 25 millions d’euros environ, sans compter les postes créés et les salaires qui vont avec. Mais chacun de ces bateaux circule au moins huit mois dans l’année, avec une centaine de passagers, à 1500 € par cabine, tout inclus, pour un circuit de 5 jours. Nous rentabilisons en quelques années seulement l’achat d’un bateau », explique l’un de ces croisiéristes, à Bordeaux. « Nos navires font escale dans une ville différente chaque jour, ce qui crée aussi de l’emploi indirect dans ces villes où le chiffre d’affaire lié au tourisme a grimpé en flèche grâce aux voyageurs que nous débarquons au quotidien ».

 

Autre phénomène ces dernières années : l’émergence d’entreprises qui ont préféré miser sur un autre modèle économique, celui des plus petits bateaux, et louent des petites péniches sans permis aux particuliers et aux familles. Au total sur une année, le tourisme fluvial représente désormais en France 11 millions de passagers. Un chiffre en constante augmentation, qui a généré plusieurs centaines d’emplois en moins de 5 ans. Mais le fluvial n’est pas le seul secteur à tirer son épingle du jeu : le business des sorties en mer est aussi florissant et crée chaque année de nouveaux emplois, avec plus de 7 millions de personnes transportées en 2017. « La possibilité de réserver par téléphone et surtout par internet, et plus seulement au guichet, a révolutionné notre activité c’est une évidence : les gens peuvent s’y prendre à l’avance, planifier leurs sorties, payer moins cher en achetant tôt sur le web, être sûrs d’avoir une place…. Et la demande s’est envolée, nous avons du embaucher pour ouvrir de nouveaux guichets, créer un centre de réception des appels et des demandes de réservation en ligne, mais aussi acheter de nouveaux bateaux et recruter du personnel pour les faire tourner, et des guides pour assurer les excursions sur les points d’escale. C’est évident que cela a été bénéfique pour l’emploi », explique le responsable d’une compagnie de sorties en mer sur la côte d’Azur. Son chiffre d’affaires, avec douze bateaux, est passé d’1 million d’euros en 2007, à 4 millions d’euros aujourd’hui.

 

A 200 € l’excursion pour la journée pour une famille de 4 personnes, le commerce est là aussi rentable. Les bateaux peuvent accueillir jusque 200 passagers. En Corse, sur toute la façade atlantique, la côte méditerranéenne et même le long de la Manche et de la Mer du Nord, les entreprises dédiées aux sorties en mer font du profit et recrutent à l’année. D’autant qu’elles tournent aussi désormais toute la journée mais aussi sur des horaires décalés, le soir et la nuit notamment avec des sorties « discothèque » qui fédèrent une nouvelle clientèle. Et demandent davantage de personnel. De l’autre côté de la chaîne, les armateurs eux aussi cherchent à recruter de la main d’œuvre supplémentaire : ils sont assaillis par les commandes de nouveaux bateaux.

 

 

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