Assises de la Mer : Emmanuel Macron promet que « le 21ème siècle sera maritime ».


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Il était décidément inspiré par l’économie bleue, le président de la République, aux dernières assises de la mer qui se sont tenues début décembre 2019 à Montpellier ! Après avoir vanté « l’esprit d’équipage » et filé la métaphore de la solidarité maritime, en plein gros grain des grèves contre la réforme des retraites, le chef de l’Etat a développé sa vision des années à venir pour l’économie de la mer et du fluvial, et pour lui, aucun doute : « le 21ème siècle sera maritime ». En particulier sur le front de l’emploi.

Aux yeux du président, la France doit devenir un leader du secteur, même si elle fait déjà figure de proue : et « montrer au monde la voie du progrès bleu ». Dans le détail, Emmanuel Macron s’est publiquement engagé à tenir un certain nombre de promesses qui, si elles se concrétisent, devraient créer dans les quelques dizaines d’années qui viennent en France, plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’emplois nouveaux dans la filière du maritime et des nouvelles énergies : « on ne parle que du passage à l’électrique qui risque de faire disparaître de nombreux emplois dans la filière automobile ces prochaines années, parce que l’électrique nécessite moins de main d’œuvre ; mais on n’insiste pas assez sur le fait que le développement durable et toutes les nouvelles filières économiques qu’il va engendrer, va créer entre 600 000 et 900 000 nouveaux emplois en France d’ici 2050 », explique ainsi un ancien président du GIEC, le Groupement d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat. « Et cela, le président français l’a bien compris ». 

Parmi les projets qui devraient voir le jour à court et moyen terme, le chef de l’Etat a évoqué un programme prioritaire de recherche (PPR) sur l’océan et le climat, financé dès la fin de l’année 2019 à hauteur de 20 millions d’euros. Porté par l’IFREMER et le CNRS, il permettra de réfléchir notamment à tous ces nouveaux métiers de demain qui devront être dédiés à l’environnement et à la recherche, pour préserver la biodiversité des océans.  « Les métiers maritimes pèseront 1 millions d’emplois en 2030, et ce sont en très grande majorité ceux qui sont liés aux énergies renouvelables qui devraient connaître la plus forte croissance », explique ainsi l’IFREMER. « Mais aussi, bien sûr, tout ce qui concerne la recherche pour des moyens de transports plus propres : le bateau du futur, le sous-marin du futur, etc ».

Concernant les énergies renouvelables, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de développer la filière de l’éolien offshore et côtier : il a promis d’ici 2024 l’ouverture de plusieurs parcs d’éoliennes en mer supplémentaires, à raison « d’un gigawatt de puissance supplémentaire attribué par l’Etat chaque année, » ce qui devrait permettre de créer plus de 15 000 emplois. Côté bateaux, le chef de l’Etat s’est engagé à soutenir les armateurs français qui s’engageront dans la transition écologique, « en travaillant sur la réduction de la vitesse des navires, le développement des branchements électriques à quai, le renouvellement des parcs de bateaux par des achats de bâtiments propulsés au GNL » (gaz naturel liquéfié)…

Emmanuel Macron a d’ailleurs profité de l’occasion pour saluer les efforts des ports qui commencent à s’équiper pour pouvoir permettre l’alimentation des bateaux de commerce en GNL : c’est le choix que vient de faire le président du port de Marseille-Fos ou celui du port de Dunkerque, avec plusieurs postes à quai en projet. Et justement, pour tout ce qui concerne la filière portuaire, le chef de l’Etat a aussi fait des promesses qui devraient largement booster l’emploi : « l’Etat sera au rendez-vous pour appuyer la filière industrielle et portuaire », a-t-il déclaré, tout en saluant « l’audace » des ports qui s’équipent pour préserver la planète. Il faut, selon lui, continuer à bâtir les infrastructures du 21ème siècle et achever le grand projet du canal Seine Nord, qui doit permettre un « report modal » exemplaire.

Le Canal Seine-Nord, auquel l’exécutif a donné son feu vert final fin novembre, et qui doit permettre de créer, à très court terme, plus de 6000 emplois. Enfin, le président a annoncé la commande de six patrouilleurs dernière génération pour l’Outre-Mer : l’appel d’offre pour la construction de ces navires d’ici 2025 aurait été remporté par le chantier naval de Boulogne-sur-Mer, Socarenam, et devrait permettre de créer plusieurs dizaines d’emplois sur site.

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