Le Brexit va-t-il coûter beaucoup d’emplois aux pêcheurs français ?

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Le Brexit est tout juste entériné, et déjà, comme prévu de longue date par tous les experts, il provoque une tempête dans le quotidien des pêcheurs français : depuis le divorce officiel entre le Royaume-Uni et l’UE, le vendredi 31 janvier à minuit, heure française, Londres refuse aux pêcheurs nordistes, bretons ou normands, l’accès à ses eaux territoriales riches en poissons : en particulier, celles qui bordent les côtes de Guernesey, île anglo-normande au large de la Manche. « C’est un vrai coup de gros pour les entreprises françaises dédiées aux produits de la mer et à la pêche », déplore un marin de Granville, sur la côte normande. « Nous redoutons tous une perte importante d’activité et des tours de vis nécessaires sur l’emploi. Ce qui serait un cercle vicieux terrifiant, car nous sommes déjà en manque de main d’œuvre ». Il faut dire que pour certains, l’activité comme le chiffre d’affaires dépendent à près de 90% des eaux britanniques, désormais interdites. Même si leur inaccessibilité n’est sensée être que temporaire, en attendant la fin des 11 mois de négociations prévues entre Londres et Bruxelles pour définir les relations du futur, c’est déjà beaucoup trop long pour les pêcheurs. Et une véritable source d’angoisse.    

« Les eaux britanniques offrent une richesse en poisson qui constituait jusqu’à présent une manne pour nous, qu’elles nous soient désormais interdites représente des pertes dramatiques pour certains pêcheurs français », explique le Comité National des Pêches Maritimes.  « Nous sommes tous inquiets. C’est une tempête dans la profession, qui concerne près de 150 bateaux en France. Nous sommes suspendus aux autorisations qui doivent être données au cas par cas par les autorités londoniennes. Autant dire que cela va prendre beaucoup de temps. Et l’issu n’est certaine pour aucun d’entre nous. Alors qu’en face, les pêcheurs anglais continuent à venir vendre en France. Nous avons estimé que près d’un millier d’emplois pourraient disparaître sur nos côtes si les autorisations sont refusées et si la situation persiste. Alors que nous souffrons déjà d’un cruel manque de main d’œuvre, avec tous nos gars du papy boom qui prennent leur retraite sans trouver de successeur. Comme les médecins de campagne. Sauf que nous, nous avons le Brexit en plus sur les épaules ».

Le Ministre de l'Agriculture et de la Pêche se veut rassurant : des autorisations individuelles ont été négociées avec Londres pour permettre aux pêcheurs français de continuer à naviguer dans les eaux britanniques post- Brexit. Mais la profession est inquiète, car le processus sera très long et un millier d'emplois au moins est en jeu.

Car effectivement, si Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, se veut rassurant et confiant dans « ces accords individuels qui pourront être pris avec les pêcheurs français », rien n’est joué. « Il y a un gap énorme entre accord diplomatique et politique, et mise en œuvre sur le terrain », affirme un proche collaborateur de la secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes, Amélie de Montchalin. « Par exemple, chaque pêcheur va devoir demander une immatriculation internationale, s’il n’en a pas encore, pour pouvoir aller pêcher dans les eaux britanniques. Sans compter les démarches administratives, les délais de réponse, les vacances d’hiver, etc…. Maintenant que le Brexit est acté, officiellement, tout le monde se repose en Grande-Bretagne ! Et c’est un délai compliqué à gérer pour les pêcheurs ».

Qui, néanmoins, se veulent eux aussi optimistes : « La Commission Européenne et la Tutelle ont passé un accord pour que ce soit sans frais, et qu’il y ait un système de pré validation des bateaux, pour qu’on puisse retourner pêcher au-delà de nos eaux territoriales, vers Guernesey et au-delà, avant que la totalité des démarches soient terminées », explique un patron pêcheur à Cancale. « Il y a une volonté de s’en sortir de part et d’autre », témoignait ainsi il y a quelques jours dans la presse le patron du Comité des Pêches de Normandie. « L’avenir de la pêche en France va néanmoins clairement se jouer dans les mois qui arrivent. C’est un dossier explosif pour nous. Ces six prochains mois, nous allons suivre tout cela de très très près. Cela peut très bien se terminer et même booster l’emploi, comme cela peut très mal finir », alerte la Scapêche, la Société Centrale des Armements Mousquetaires à la Pêche. Qui tweetait le 1à février 2020 : « 70% des volumes pêchés par la Scapêche sont issus des eaux britanniques. C’est pourquoi nous appelons à la plus grande vigilance quant aux négociations des nouveaux accords de pêche entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne ».  

Assises de la Mer : Emmanuel Macron promet que « le 21ème siècle sera maritime ».

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Il était décidément inspiré par l’économie bleue, le président de la République, aux dernières assises de la mer qui se sont tenues début décembre 2019 à Montpellier ! Après avoir vanté « l’esprit d’équipage » et filé la métaphore de la solidarité maritime, en plein gros grain des grèves contre la réforme des retraites, le chef de l’Etat a développé sa vision des années à venir pour l’économie de la mer et du fluvial, et pour lui, aucun doute : « le 21ème siècle sera maritime ». En particulier sur le front de l’emploi.

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Comment la réduction des émissions de gaz à effet de serre va-t-elle booster l’emploi du transport maritime ?

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Réunies à Londres cette semaine de la mi novembre 2019, les industries du transport maritime sont en train de réfléchir, au cours d’une vaste cogitation internationale, à la manière dont elles vont pouvoir se mobiliser dans les mois et les années qui viennent pour la cause environnementale de la filière bleue : une filière qui représente plus de 100 000 emplois directs et indirects en France, ce qui en fait l’un des pays les plus puissants du monde en la matière. Or, avec la prise de conscience écologique, qui les oblige à réfléchir à des méthodes de fonctionnement plus propres si elles veulent entretenir leur image de marque mais aussi préserver leur « terrain de jeu », se pose aujourd’hui la problématique des eaux internationales, les eaux dites de « haute mer », c’est-à-dire des zones qui représentent plus de 60% de la surface des océans et qui, ne relevant pas de la juridiction de tel ou tel état, sont entièrement dépendantes de la conscience et de la responsabilité de tous…

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Emplois maritimes : qui sont les candidats les plus recherchés en ce moment ?

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Task Force Economie Maritime et « emplois propres » : le Medef s’engage pour la planète

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