SCOP SEAFRANCE : UNE PREMIÈRE DANS LE MARITIME
Seafrance vers une société coopérative et participative ?
Le tribunal de commerce de Paris, qui a prononcé, le 16 novembre dernier, la liquidation judiciaire de la compagnie française de ferries en Manche SeaFrance, lui a donné deux mois de sursis, en accordant le maintien de l’activité jusqu’au 28 janvier 2012. Face à cette décision, très favorablement accueillie par les marins de la compagnie, la CFDT, syndicat majoritaire de SeaFrance, propose une offre de reprise de l’entreprise par une société coopérative et participative (SCOP) : une première dans le secteur maritime.
Concrètement, la CFDT propose aux salariés de reprendre la compagnie déficitaire (30 millions d’euros de pertes par an) pour un euro symbolique, prévoyant le maintien d'une flotte de quatre navires (Berlioz, Molière, Nord-Pas-de-Calais, Rodin), de l'effectif actuel (876 salariés en CDI et 200 salariés en CDD) aux conditions de travail et de salaire actuelles. Expliquant qu’il ne s’agit pas d’un « projet farfelu », Didier Cappelle, secrétaire général de la CFDT maritime nord, précise que les salariés détiendraient 51 % du capital et 65 % des droits de vote. Il leur serait demandé de souscrire deux parts de 50 euros chacune, soit 100 euros, ainsi qu'un prélèvement de 2 % par mois sur le salaire brut permettant de souscrire à des parts sociales. Etant associés majoritaires de la Scop, les salariés décideraient ensemble des grandes orientations de l’entreprise et désigneraient leurs dirigeants.
En supposant qu'il y ait cession, les créanciers seraient alors en droit d'exiger le paiement des dettes, soit 18 millions d'euros pour les créances traditionnelles et 120 millions d'euros auprès des banques et de la SNCF. La Scop devrait donc rapidement dégager des bénéfices. L'entreprise compte actuellement 890 salariés. En admettant que 800 salariés participent à la Scop, la coopérative pourrait réunir quelque 3 millions d'euros, estimaient récemment les responsables du projet.
SeaFrance, seule compagnie française à assurer la liaison Calais-Douvres, souffre de la concurrence du tunnel sous la Manche ouvert en 1994. La crise économique de 2008-09 lui avait porté un coup supplémentaire, l'amenant à supprimer plus de 700 emplois en 2010 avant son placement en redressement judiciaire.
FL/COMTOSEA pour Clicandsea
