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DÉBAT : POUR OU CONTRE LES ÉOLIENNES OFFSHORES ?



EOLIEN OFFSHORE : QUI GAGNE LE CONCOURS DE BEAUTE ?

 

1136 éoliennes offshore ont poussé en Europe depuis 1991, date de la première du genre implantée au Danemark. Face à l’épuisement de l’énergie fossile, aux contraintes du nucléaire, et à leurs impacts environnementaux respectifs, les énergies marines - dont l’éolien - ont plus que jamais le vent en poupe ! Donc acte.

Le 11 juillet dernier, la France lançait son appel d'offres sur l’éolien offshore. Objectif : installer 600 éoliennes produisant 3 000 mégawatts (MW) le long de nos côtes -soit l’alimentation en électricité de 4,5 millions de foyers. Et le double d’ici 2020.

A peine deux mois plus tard, sous l’étendard de la Fédération environnement durable (FED), l’Etat et la filière viennent de subir la première attaque en règle des anti-éoliens. Son but : le retrait pur et simple de l’appel d'offres au motif que l’Eolien engendre pollution visuelle et marine, que le délai (6 mois) imparti pour répondre à l’appel d’offres ne permet pas d’études d’impacts dignes de ce nom, et pose, par ailleurs, des problèmes de concurrence.

Les réactions, notamment via le Net, sont immédiates. Tollé sur la Toile ! Les uns fustigeant l’inconscience des anti-éoliens dans un contexte de crise énergétique et de besoins d’emplois (10 000 en perspective), les autres s’en prenant notamment aux premiers de vouloir rattraper un retard abyssal sur le dos d’une planète déjà sub-claquante.

Y voir clair n’est pas simple. Essayons !

En termes d’émissions de CO2, une éolienne offshore émet 14 kgCO2/MWh contre 420 kgCO2/MWh émis par une centrale au gaz, par exemple. En termes d’impact sur la biodiversité terrestre, oiseaux et chauve-souris sont les plus concernés. Issus des retours d’expérience allemands et danois, les chiffres indiquent 0,4 à 1,3 oiseaux tués en moyenne par éolienne et par an contre 80 à 120 par km de lignes électriques.

En termes de pollution du site après exploitation (20 ans), l’éolienne est démontable, presque entièrement recyclable (plastique et acier) et ne laisse pas de polluants sur le site. En termes d’impact sur la vie marine, crustacés et poissons font leur nid dans les structures en béton. Aucune baisse de productivité à signaler autour des parcs. Au contraire.

Reste la pollution sonore ! A moins de mettre en doute la parole de l’Agence nationale de sécurité sanitaire" (Anses), pas d’impact sur les populations, sous réserve d’une distance appropriée. A redéfinir, peut-être. Les mammifères marins, en revanche, souffrant déjà d’un trafic maritime exponentiel sont menacés. Raison pour laquelle, les experts préconisent des études sur un cycle annuel complet (cycle biologique) de la vie animale marine et terrestre du site. Six mois semblent donc insuffisants. Reste encore un marché de 10 milliards à partager. Et la question d’une concurrence tronquée à l’avance. Les gros mangeant les petits. Sur ce point, sortons notre joker. A l’Etat de décider et de réguler.

Aux citoyens, de faire entendre leur voix. Quoi encore ? La pollution visuelle. Sur ce point, d’aucun pourrait rétorquer que c’est affaire...de goût ! Entre une éolienne et une centrale, qui devrait gagner le concours de beauté ?... A suivre. Réagissez sur facebook


Françoise Latour / COMTOSEA pour Clicandsea

 

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