CORAIL ET PÊCHE EN EAUX PROFONDES
PECHE ET CORAUX PROFONDS : le mariage impossible
L'exploration récente des grands fonds (le plus grand milieu naturel de la planète) a conduit à la découverte d'une diversité d'écosystèmes insoupçonnée. Des massifs coralliens, surtout connus des eaux tropicales et de surface se développent à plusieurs centaines de mètres le long des marges continentales. Servant de refuge et de nourriture à de nombreux poissons et invertébrés, ils sont aussi à l'origine d’écosystèmes défiant les lois « connues » de la physique ou de la chimie, dont les propriétés commencent tout juste à être étudiées, notamment en vue de découvertes médicales prometteuses.
Or, malgré leur profondeur, ces récifs sont soumis à l'impact des activités humaines, notamment à la pêche profonde par chalut, lancée dans les années 80. Une pêche à laquelle “certains écosystèmes, tels que les coraux profonds et les lits d’éponge, ont peu de chance de résister, même s’il n’a lieu qu’une fois,” indiquent les scientifiques du Projet européen Hermione (Hotsport Ecosystem Reseach and Man’s Impact on European Seas, 2009).
Alors qu’une campagne de l’Ifremer, réunissant 40 chercheurs, vient d’identifier des coraux d’eau froide au large des côtes de Bretagne, la pêche profonde revient sur la sellette. « On a pu observer des traces spectaculaires d’engins », […] comme dans le canyon du Croisic où le massif était coupé en deux sur 16 mètres de large », témoigne l’IFREMER. La France s’étant engagée à préserver ces écosystèmes, les pêcheurs et l’Agence des aires marines protégées entameront des négociations prochaines qui devraient conduire à la fermeture de zones de pêche d’ici fin 2012. Trois flottilles de pêche françaises, représentant 10 navires, poursuivent cette activité, dont la « scapêche » appartenant à Intermarché.
FL/COMTOSEA pour Clicandsea
